Le G20 sera-t-il marqué par un « choc » entre l’Europe et les États-Unis, et plus particulièrement entre
Nicolas Sarkozy, « grand moralisateur du capitalisme »,
et
Barack Obama, champion de la relance économique ?
Remarquons d’abord que leurs visions soi-disant antagonistes ne sont pas si éloignées que cela. Les discours des
deux présidents se ressemblent à s’y méprendre quand ils s’en prennent aux privilégiés. Nicolas Sarkozy parle de « patrons voyous », Barack Obama fustige les « profiteurs ». Pas de quoi
provoquer un clash entre les deux hommes ! Ceux-ci ont certes des instruments de mesure différents quand il s’agit de doser les aides publiques à la relance. Mais les deux gouvernements
subventionnent leurs banques et leur industrie. Tous deux soignent le mal – l’endettement des ménages américains exporté dans le monde entier – par le mal, c’est-à-dire par le déficit public.
La différence porte sur les aides sociales, quasi-inexistantes outre-Atlantique, et qui ponctionnent une grosse partie des fonds consacrés à la relance en Europe. La nuance est réelle – et
lourde de conséquences – mais elle n’a rien de commun avec le fossé de 2003 entre Bush et Chirac, sur l’invasion de l’Irak.
Alors pourquoi Nicolas Sarkozy tape-t-il du poing sur la table ? Peut-être simplement
pour exister, face à la superstar Obama ! Le G20 sera un rendez-vous de grands communicants… En attendant, personne n’a encore eu le courage de dénoncer clairement la doctrine
Reagan-Thatcher qui a mené la planète dans le mur. Les fortes paroles cachent souvent le manque de fermeté du discours. En faisant mine d’entamer un bras de fer avec Barack Obama, Nicolas
Sarkozy rend en tout cas un hommage – involontaire — à Jacques Chirac, qui avait osé tenir tête à George Bush voici six ans. Cet appel à la fierté française
contribuera également à faire passer la pilule de Strasbourg, le lendemain, quand la France reviendra dans le giron de l’Otan