Barack Obama et sa femme Michelle reçus par le couple Brown au 10, Downing Street à Londres. Photo AFP
Le président américain Barack Obama, pour la première fois en tournée en Europe, appelle à un front uni contre la crise à la veille du sommet du G20 à
Londres, après les vives critiques du président français Nicolas Sarkozy à l’égard du projet de communiqué final.
« Nous avons la responsabilité de coordonner nos actions et de nous concentrer sur les points communs et non sur des divergences épisodiques
», a déclaré Barack Obama, hier, à l’issue d’un entretien avec le Premier ministre britannique Gordon Brown à son bureau du 10,
Downing Street.
Lors d’une conférence de presse commune avec M. Brown, M. Obama a affirmé que «
les divergences entre les différentes parties, au G20, ont été très exagérées ».
« Nous n’allons pas nous entendre sur tous les points »
Quelques heures auparavant, le président français Nicolas Sarkozy avait une nouvelle fois critiqué les projets de communiqué final du G20, qui se
réunit aujourd’hui à Londres pour trouver des solutions à la crise qui secoue la planète. « Les projets de
communiqué ne conviennent ni à l’Allemagne, ni à la France
», a déclaré M. Sarkozy sur Europe 1. Il a demandé une nouvelle fois un renforcement de la
réglementation des paradis fiscaux et des fonds spéculatifs.
Revenant sur les propos, mardi, de sa ministre de l’Économie Christine Lagarde qui avait affirmé que Nicolas Sarkozy n’hésiterait pas, si nécessaire,
à quitter la table des discussions, le président Sarkozy a ajouté : « La politique de la chaise vide marquerait un échec qui
serait celui du Sommet, je ne veux pas croire qu’on arriverait à ça. »
M. Obama a reconnu : « Nous n’allons pas nous entendre sur tous les points
», mais a estimé que le Sommet ne pouvait pas se permettre des « demi-mesures ».
Gordon Brown a dit s’attendre à des « négociations dures
» mais pense que Nicolas Sarkozy ne claquera pas la porte.«
Je suis persuadé que le président Sarkozy assistera au début du dîner et qu’il restera jusqu’à la fin », a assuré M.
Brown.
S’exprimant juste avant de s’envoler pour Londres, M. Sarkozy a assuré que lui et M. Brown avaient dans un entretien
téléphonique « réaffirmé leurs positions pour plus de régulation financière et leur attitude très ferme sur les paradis
fiscaux ».
Paris et Berlin ont, à plusieurs reprises, fait part de leurs réticences quant à de nouvelles mesures de relance budgétaire, soutenues par Londres et
Washington.
À Berlin, la chancelière a répété que l’Allemagne « avait déjà apporté une
contribution énorme » mais reconnu qu’elle ne pouvait exclure un débat sur de nouveaux plans de relance lors du G20 où elle
a dit se rendre « avec un mélange de confiance et de préoccupation ». Un porte-parole de Mme Merkel a par ailleurs estimé que la politique de la chaise vide évoquée par Nicolas Sarkozy n’était
pas « la meilleure idée ».
M. Sarkozy et Mme Merkel s’entretiendront à Londres avant une conférence de presse commune prévue à 17 h 30.
M. Obama a pour sa part rencontré pour la première fois son homologue russe Dmitri Medvedev. Les deux hommes se sont engagés à discuter une
coopération « mutuelle » sur la question du bouclier
antimissile américain et à rouvrir des négociations sur le traité de réduction des armes stratégiques START.
M. Obama devait également rencontrer hier après-midi le président chinois Hu Jintao. Avec son épouse, ils se rendront ensuite au palais de Buckingham
pour une audience privée avec la reine Elizabeth II, avant un dîner à Downing Street en présence de tous les participants au G20.