Les appareils auditifs sont très discrets à porter. Photo Denis Sollier
La journée nationale de l’audition (JNA), organisée jeudi dernier, était axée sur les appareils auditifs. Mais quelle est l’image de ces dispositifs en
France ?
L’image des appareils auditifs est encore loin d’être aussi démocratisée que celle des lunettes, devenues objets de
mode. « Tant qu’on n’en porte pas, on a un avis très positif sur les prothèses auditives, avec l’impression qu’elles résolvent
les problèmes de surdité » explique Christian Gelis, président de la JNA.
Mais lorsqu’une personne devient sourde, elle passe, la plupart du temps, par une phase de déni de son
handicap. « Ma femme ne parle pas assez fort », « mes petits-enfants n’articulent pas » sont des phrases qui reviennent souvent. Pourtant, plus tôt vous vous prenez en main pour une démarche d’aide auditive, meilleur sera votre confort
d’écoute.
Des aides qui vous changent la vie
Plus petits et plus confortables que leurs ancêtres,
les appareils d’aujourd’hui s’adaptent à toutes les ambiances acoustiques, quel que soit le niveau de surdité.
Les dernières aides auditives sur le marché bénéficient du traitement numérique du son. Plus fiables et plus facilement adaptables, elles sont aussi confortables à porter. Elles permettent une
bonne perception de l’environnement sonore et une amélioration de la compréhension de la parole.
Seul hic : l’utilisation de ces appareils pose encore
des problèmes en milieu bruyant.
Il existe deux formes d’appareils :
les contours d’oreille et les intra-auriculaires. Les performances sont à peu près équivalentes. Cependant, il est plus facile d’utiliser les contours.
Si la prescription médicale est indispensable, c’est avec un audioprothésiste que sont effectués le choix de l’appareil, les réglages et le
suivi. « On adapte l’aide auditive en fonction du pourcentage de surdité du patient et de sa faculté à utiliser et entretenir son
appareil »,précise Christine Levaux, audioprothésiste à Mulhouse. C’est un travail de longue haleine. La sélection est une phase
cruciale, mais les contrôles le sont tout autant pour que la prothèse ne finisse pas dans un tiroir.
Quant au prix, il varie entre 425 et 2 000 euros, contrôle compris. Un coût à multiplier souvent par deux, les deux
oreilles devant être équipées. Au total, des centaines de modèles sont mis sur le marché par les fabricants (Oticon, Siemens, Phonak, GN Resond, Starkey, Widex, etc.).
Des nouvelles technologies
Toutes les marques se tiennent.
Ce qui fait la différence, c’est avant tout le nombre de canaux d’amplification au niveau du microprocesseur.
Chaque canal amplifie une fréquence sonore
différente.
Plus ils sont nombreux, plus l’analyse du son est précise, ce qui permet une meilleure compréhension de la voix et de la parole. Les appareils les plus
chers ont aussi des micros plus sophistiqués, capables de s’orienter dans la direction de la voix.
Globalement, les modèles les plus high-tech ont plus de fonctions. Certaines aides auditives sont capables de générer un bruit de fond pour masquer des
acouphènes ou de diffuser une musique. Il est même possible, via un boîtier porté autour du cou, de recevoir directement dans l’appareil auditif le son du téléphone, de la télévision ou d’un
baladeur musical.
Existe également sur le marché, le système FM.
Par exemple, il permet à un enfant appareillé de suivre correctement ce que dit l’enseignant en classe. Ce dernier porte un émetteur (micro) dont la parole
sera transmise au récepteur (relais aux appareils auditifs). Idem, lorsque l’on souhaite suivre et participer à des réunions professionnelles ou familiales.
Dans tous les cas, pour toutes les personnes qui ont réussi à adopter les aides auditives (il faut compter quelques semaines), c’est une nouvelle vie, et
ces dispositifs leur permettent de se réinsérer socialement.
REPERES
Quelques chiffres :
150 000 sourds sont appareillés chaque année en France.
6 millions de personnes sont touchées par la perte d’audition dans
l’Hexagone.
1 Français sur 3 n’a jamais réalisé de test auditif.
2 nouveau-nés sur 1000 sont atteints de surdité.
La gamme audible pour un être humain jeune et en bonne santé s’étend approximativement de 20
Hz à 20 000 Hz (Hertz).
Les surdités sont classées en fonction de
la valeur de
la perte auditive :
la surdité est légère lorsque la perte est de 20 à 40 décibels (dB) (les sons faibles sont mal
perçus).
la surdité est moyenne, pour 40 à 70 dB de perte (les sons doivent être amplifiés — la parole
est entendue mais souvent mal comprise).
la surdité est sévère, pour 70 à 90 dB (la communication est difficile et le handicap
important).
la surdité est profonde, pour plus de 90dB (une assistance par des moyens prothétiques, ou une
suppléance par un langage gestuel ou lecture labiale sont nécessaires).
Pour plus d’informations : www.auditions-infos.org — www.hein-test.fr — www.nosoreilles-onytient.org —www.franceaudition.com — www.has-sante.fr
Assurance maladie : un remboursement insuffisant
Le nombre de déficients auditifs appareillés reste largement insuffisant. La raison : le coût élevé des appareils et leur faible remboursement. En effet, les prix varient entre 425 et 2 000
euros, le fabricant et l’audioprothésiste décidant librement de leur marge sur un produit.
En pratique, les aides auditives sont prises en charge par la Sécurité sociale sur prescription médicale. Les prothèses auditives sont remboursées à 65 %, sur
la base d’un tarif forfaitaire fixé à 199,71 euros en régime national, quel que soit le type d’appareil. Ces tarifs couvrent l’achat de l’appareil fourni avec tous les accessoires
nécessaires à son fonctionnement (jeu de piles, embout auriculaire, coque) et le coût de son adaptation par l’audioprothésiste.
Les caisses complémentaires permettent d’améliorer cette prestation, mais cela ne dépasse que très rarement 600 euros.
Les frais d’entretien sont remboursés à 65 %, sur la base d’une allocation forfaitaire annuelle fixée à 36,59 euros, sur présentation des justificatifs de dépense (piles, accumulateurs,
pièce de rechange, réparation).