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Réduire les dépenses de l'état :
Au tour des écoles de la Fonction Publique.
État : former des fonctionnaires coûte trop cher, dit un rapport
Infoweb l'AlsaceLe 21/02/09
Les 169 écoles de la Fonction publique, qui forment magistrats, militaires ou ingénieurs, sont accusées de reproduire les élites et de coûter trop cher à l’État. Un rapport préconise de réduire leur nombre, mais le gouvernement s’en est distancié, face au risque de polémique.
Le document de plus de 200 pages a déjà été remis au ministre de la Fonction publique, Éric Woerth, lundi par son auteur, Raymond-François Le Bris, ancien directeur de l’ENA. Pas étonnant qu’il n’ait pas l’objet d’une forte publicité : il a tout pour irriter les syndicats de la Fonction publique.
Rationaliser
Que dit-il ? La formation des fonctionnaires est trop longue, « pas suffisamment professionnalisée », « mal organisée
», avec 169 écoles (Police, Impôts, Douanes, Ingénieurs, Santé, Magistrature, Défense, Culture, Diplomatie, hors IUFM) réparties dans 99 villes, employant 50 000 personnes pour « près de
2,5 milliards d’euros » par an. Un système jugé très coûteux par le rapporteur, qui pose « évidemment la question de la rationalisation de ce réseau ».
M. Le Bris plaide pour un raccourcissement de la durée de la formation et une réduction du nombre des écoles, via le regroupement de certaines d’entre elles. Il cite l’exemple de la gendarmerie
où quatre écoles seront supprimées (Montargis, Le Mans, Châtellerault, Libourne) grâce au rapprochement de huit autres.
Ce rapport « n’engage à ce stade que son auteur », a fait savoir hier M. Woerth, via son service de presse, ajoutant qu’il « réfléchit de son côté et arrêtera prochainement ses
mesures pour améliorer la formation des agents de l’État ».
Déjà remontés contre la suppression prévue de 30 000 emplois en 2009 (non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite), les syndicats ont critiqué les conclusions du rapport,
en attendant de disposer du texte intégral.
« C’est dans la droite ligne de ce qui se fait depuis deux ans : réduire, réduire, réduire les effectifs », a dénoncé Éric Benel (Solidaires, qui réunit Sud).
Pour Anne Balthazar (FO), le gouvernement entend faire des « économies budgétaires en s’en prenant aux concours d’entrée. Pour cela, il veut que les jeunes
payent eux-mêmes leur formation et se présentent aux concours en étant déjà formés ».
« C’est une vision un peu étroite de la formation », pour Gérard Aschieri
(FSU).
Les écoles emblématiques contestées
Au-delà du coût de la formation, le rapport Le Bris s’attaque aux écoles « emblématiques » (ENA, Polytechnique, Écoles Normales Supérieures). Il
les accuse de ne pas se renouveler et de reproduire les mêmes élites sociales.
Pour favoriser la diversité, il préconise de créer un contrat d’apprentissage, afin de « permettre à des jeunes d’âge scolaire de connaître une première expérience professionnelle » dans
l’une des trois branches de la Fonction publique (État, hospitalière, territoriale).