Partager l'article ! Santé Alcool jeunes : Le Binge Drinking: Santé Alcool jeunes : Le Binge DrinkingAlcool et jeunes : plus haut, plus vite, plus loin dans l’ivresse& ...
Forêt de Haguenau
Le Doc de Haguenau vous souhaite la bienvenue,
régalez vous, bloguez avec humour, surfez et buzzez dans la rubrique Catégories,
vous y trouverez des infos en tout genre à la sauce humour.
Cliquez sur " Retour à l'accueil " pour découvrir le blog ou la homepage.
La consommation d’alcool des jeunes augmente depuis 2003. Avec un phénomène qui se développe dans les fêtes privées : le « binge drinking » ou « biture expresse ».
« Les boissons sont bien là, ouf. Tout est à disposition. Alcools bruns, alcools blancs, tout pour couper. Sodas, jus de
fruits. »
Pour Hugo L, 17 ans, une soirée réussie chez des amis ne se conçoit pas sans alcool. « Tout est dans le timing. Tout est dans la résistance. Et tout dans l’explosion. Enchaîner les verres,
en arrêtant de les compter, reprendre et reprendre à boire pour finir par prendre la bouteille de vodka et la boire pure, au goulot, par lampées, par rasades. »
Dans son livre « Super biture »*, Hugo L. raconte sa descente dans l’enfer du « binge drinking », ou alcoolisation rapide, qui va le conduire au drame, au gâchis de sa vie.
Il relate les défis lancés entre lycéens à qui tiendra le mieux l’alcool, les jeux stupides qui consistent d’une façon ou d’une autre à absorber le plus
d’alcool possible et le coma éthylique qui peut en résulter et qui l’a conduit lui-même à l’hôpital. L’alcoolisation rapide et volontaire est un phénomène qui a pris de l’ampleur en France,
même s’il ne concerne encore qu’une minorité de jeunes.
Consommation régulière en hausse
Les adolescents sont de plus en plus nombreux à consommer régulièrement de l’alcool, même s’ils ne s’enivrent pas massivement comme Hugo L. C’est le
constat que fait l’enquête Espad 2007, dont le volet français a été rendu public ces jours-ci (voir ci-contre).
« L’alcoolisation rapide est un phénomène social », explique la pédiatre Bernadette Oberkampf. « Au départ, les jeunes ne sont pas dépendants. Ils veulent entrer dans un groupe et pour cela doivent parfois se défoncer à l’alcool. L’ivresse rapide et intense va leur procurer une euphorie et une frénésie très
rapide, comme avec d’autres drogues. »
On considère qu’un jeune pratique le « binge drinking » quand il absorbe cinq verres d’une boisson alcoolisée dans la même soirée.
« À côté des risques médicaux de l’alcoolisation rapide comme s’étouffer dans son vomi, se blesser en tombant saoul ou sombrer dans un coma
éthylique », reprend la pédiatre, « il y a aussi un risque social plus sournois. Le jeune en état d’ivresse devient vulnérable. Par la perte de contrôle ou la survenue d’un
comportement violent ou impulsif, alors qu’il est en état de faiblesse, il peut être la victime de violences de toutes sortes, y compris sur le plan sexuel. »
Des patients alcooliques à 20 ans
Le médecin relève que des jeunes filles ivres peuvent être violées ou avoir des rapports sexuels non protégés pouvant
entraîner des grossesses ou des MST. « Et puis, il y a aussi le risque d’accident à la sortie de la boîte de nuit ou du lieu de la fête », souligne le médecin. « Les
adolescents ne regardent pas avant de traverser la route et se font renverser. »
Si la plupart des adolescents qui pratiquent le « binge drinking » peuvent ensuite s’arrêter d’eux-mêmes en grandissant, le risque de basculer dans l’alcoolisme et la dépendance est néanmoins
réel. « Dans cette course à l’alcoolisation violente, si on ne suit pas on est exclu du groupe », note le pédiatre. « Les plus faibles peuvent plonger. Des spécialistes ont tiré la
sonnette d’alarme : il y a dix ans, leurs plus jeunes patients alcooliques avaient 40 ans. Aujourd’hui, ils en ont 20. »
(*) «Super biture » par Hugo L. aux éditions Jacob-Duvernet.