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Forêt de Haguenau
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De talent d'orateur sachant manier l'émotion, Mahmoud Abbas n'en manque point. « Oui, vous avez en mémoire les
images atroces, celles de fillettes déchiquetées, oui, vous avez vu cette mère assassinée tenant ses deux enfants morts, les hôpitaux, les écoles bombardées, une guerre atroce contre les
infrastructures civiles, contre l'adduction d'eau, contre les stations d'épuration... »
Pour lui, cette « guerre folle contre notre peuple » a détruit ce que l'Autorité palestinienne « a réalisé en quinze ans avec l'aide de l'Europe ». Et détruire les
infrastructures aurait été le but de l'armée israélienne.
Le nombre des colons a été « multiplié par sept »
Le président palestinien, tout en condamnant les tirs de roquettes du Hamas (« je condamne cette façon d'agir depuis des années »), va
encore plus loin dans ses accusations : cette guerre serait la conséquence d'une stratégie délibérée. Le bouclage de Gaza par Israël n'ayant d'autre fin que de soustraire ce territoire au
futur Etat palestinien tandis qu'en Cisjordanie « l'agression est quotidienne avec les incursions de l'armée, la colonisation israélienne s'accentue, les barrages se renforcent, le mur
raciste (la muraille de séparation) interdit aux populations de vivre... »
Toujours selon Mahmoud Abbas, « depuis le processus d'Annapolis qui devait voir la création d'un Etat palestinien fin 2008, le nombre des colons israéliens a été multiplié par sept
et le nombre des barrages (« checkpoints ») est passé de 580 à 670. A cela s'ajoute le terrorisme des colons qui incendient des maisons palestiniennes
comme à Hébron, qui saccagent les oliveraies... » Car, accuse encore le président palestinien, « Israël est prisonnier de sa logique militaire et colonialiste ».
Dans ces conditions, quelles sont les perspectives d'avenir ?
D'abord, l'Autorité palestinienne demande à l'Europe « de cesser de traiter Israël comme pouvant s'affranchir du droit international » ; d'ailleurs l'Etat hébreu
« doit rendre des comptes pour la violation du droit international et du droit humanitaire ».
Ensuite, Israël doit lever le blocus de Gaza, établir un couloir de sécurité entre ce territoire et la Cisjordanie.
Enfin, Mahmoud Abbas s'adresse directement à l'UE pour le déploiement d'une force militaire internationale « afin d'assurer la protection des
populations palestiniennes ». Dans tout son discours, il a insisté sur sa volonté d'agir dans la légalité internationale.
L'Etat doit être établi « dans les frontières d'avant 1967 »
Le but reste un traité de paix « mettant fin à l'occupation militaire la plus longue de l'histoire moderne » avec la création de l'Etat
palestinien. Cet Etat, « conformément aux résolutions de l'ONU, sera à établir dans les frontières d'avant juin 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale ».
Pour le président de l'Autorité, la « guerre de Gaza » rend plus que jamais d'actualité le plan de paix arabe, devenu « plan de paix
musulman » désormais encouragé « par 57 Etats musulmans, de la Mauritanie à l'Indonésie ». En clair, une paix contre
« l'échange des terres », le retour aux frontières d'avant juin 1967. Ensuite, ces 57 Etats musulmans établiraient des relations diplomatiques et
commerciales avec Israël.
Encore les Palestiniens doivent-ils être unis. Grâce aux efforts de l'Egypte, un « gouvernement d'union nationale », donc avec la
participation du Hamas, serait en bonne voie. Une fois constitué, ce gouvernement s'attellerait à la reconstruction, appellerait à des élections législatives et présidentielles sous
surveillance de l'UE.
Hans-Gert Pöttering, président du Parlement de Strasbourg, a apporté la caution européenne à ce gouvernement d'union nationale qualifié de « priorité ». A condition que cette
équipe renonce à la violence et se prononce pour la paix... Ce qui, pour Mahmoud Abbas, ne fait aucun doute.