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Forêt de Haguenau
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La journée de mobilisation dans l’Éducation a été « réussie », selon les syndicats, avec une grève massivement suivie dans le primaire et des manifestations dans toute la France. Mais le ministre de tutelle, Xavier Darcos, a brocardé le caractère « démodé » et « systématique » de ces modes d’action.
Dans les écoles primaires, entre 48 % (ministère) et 69 % (syndicats) des enseignants ont débrayé. Dans les collèges et lycées, ils étaient entre 21 % (ministère)
et « plus d’un sur deux » selon le Snes.
Unique concordance entre le ministère et les syndicats : la grève dans le primaire a été la plus suivie depuis plus d’un an, mais les grévistes du secondaire ont été moins nombreux que lors des
trois grèves précédentes.
« Le message transmis par toute une profession aujourd’hui est massif, net et déterminé », en ont conclu les trois principaux syndicats des écoles primaires, en donnant au ministre de
l’Éducation « cinq jours pour ouvrir des négociations ». À défaut, ils lanceront de « nouvelles actions ».
« C’est une journée réussie », a déclaré le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri, « un tournant » selon le SE-Unsa, alors que 163 000 enseignants, étudiants et lycéens
ont défilé selon la police dans 131 cortèges dans tout le pays.
Pour 48 villes les plus importantes, l’Agence France-Presse a totalisé, de sources syndicales, 220 000 manifestants.
Toute la fonction publique avait réuni le 15 mai entre 200 000 (police) et 300 000 (syndicats) personnes.
Hier, les manifestants étaient 9000 à 40 000 à Paris, de 5500 à 20 000 à Bordeaux, 5000 à 11 000 à Marseille, 6000 à 10 000 à Lyon, 5000 à 10 000 à Toulouse et à Nantes, ou encore 5700 à 9000 à
Grenoble, 3400 à 6000 au Mans.
Les manifestants ont demandé un autre budget (celui de 2009 prévoit 13 500 suppressions de postes), « le maintien des Rased » (maîtres spécialisés contre l’échec scolaire), le respect
de l’école maternelle, un « véritable dialogue social » et, pour certains, une autre réforme du lycée.
Dans les différents cortèges, on pouvait lire des slogans tels que « Postes supprimés = classes surchargées » ou « Enfants sacrifiés, parents licenciés, retraites amputées : ça ne
peut plus durer ! ».
Xavier Darcos, version vaudou
A Orléans, une poupée vaudou à l’effigie de Xavier Darcos, percée d’épingles, était tirée dans un chariot. À Paris, des lycéens affirmaient « sans profs, rien
n’est possible ».
« Dans cette période de crise, il est vital pour la France de maintenir un haut degré d’excellence dans ses services publics », a déclaré à Strasbourg le leader de la CGT Bernard
Thibault.
« Cette mobilisation a une signification. Il n’y a que le ministre pour ne pas le voir », a résumé à Paris M. Aschieri. La FSU rencontrera lundi les autres organisations de l’Éducation
pour décider des suites de cette journée.
Interrogé dans la matinée sur RTL, Xavier Darcos avait dit qu’il « entendait » la grève et s’attendait à ce qu’elle soit « importante ».