2009
LES VACHES MAIGRES DE SARKOZY
ET
PEGGY LA COCHONNE A LA SANTE
PSA : 3550 nouveaux emplois passent à la trappe
PSA Peugeot Citroën passe la surmultipliée face à la crise : 3550 nouveaux postes de travail devraient disparaître en France en 2009. Si du moins… le groupe trouve les volontaires.
Trois plans sociaux en 18 mois. Christian Streiff, le président de PSA Peugeot Citroën, ne chôme pas face à la crise mais on savait le successeur de Jean-Martin
Folz peu sujet aux états d’âme et bien décidé à remplir la mission que lui confia début 2007 la famille Peugeot. Il ne s’agit plus désormais de réécrire à la marge le plan CAP 2010 et d’en
réviser les objectifs de croissance et de rentabilité au coup par coup mais de parer au plus pressé face à une crise bien partie pour durer.
Le marché européen pourrait chuter de 10 % en 2009 (-17 % au dernier trimestre 2008) et, dans ces conditions, mettre des usines au repos forcé (un mois à Mulhouse et à Sochaux en cette fin
d’année), comme c’est le cas depuis l’été, ne suffit plus.
11 000 emplois en trois ans
Le « plan de redéploiement des emplois et des compétences » (PREC) avoué hier par le groupe porte sur 3550 départs en 2009, ce qui porterait le nombre de
suppressions de postes à tout près de 15 000 en trois ans, essentiellement en France. Sur un effectif actuel de près de 70 000 salariés pour la division automobile.
Toutes les usines françaises sont concernées et toutes les catégories de personnel : les effectifs dits de structure (en gros, les salariés ne fabriquant pas) à hauteur de 3550 salariés — dont
850 à Rennes — mais aussi 900 ouvriers polyvalents du site breton que PSA espère redéployer sur d’autres usines et notamment Mulhouse et Sochaux, a priori moins touchées par la mévente
actuelle. Pas sûr que la proposition séduise à Rennes, où l’on paie cash le fait de fabriquer les grands modèles (Peugeot 407/607 et Citroën C5/C6), ceux qui se vendent le moins. PSA assure
pourtant que l’avenir du site, dont l’activité a chuté de 20 % ces derniers mois, n’est pas menacé, à telle enseigne qu’un nouveau modèle devrait y être fabriqué en 2010.
Pas sûr non plus que PSA trouve les candidats au départ puisque, comme les deux précédents, ce plan est basé sur le volontariat. On en saura davantage le 2 décembre sur les modalités pratiques,
mais le principe est le même qu’à l’occasion des deux plans précédents : les départs en retraite ne sont pas remplacés tandis que les départs sont encouragés via des mesures incitatives
financières… dont on sait qu’elles n’auront pas séduit autant de salariés qu’espéré par le groupe. Ainsi, sur les 360 départs programmés par le plan 2008 à Mulhouse (600 en 2007), tout juste
une petite centaine ont été validés. Selon Michel Segura (CFE-CGC), aucun quota par site ne serait fixé pour ce troisième plan…
S’ils n’entrent pas dans le périmètre du plan de départ, les salariés précaires sont directement exposés au ralentissement de l’activité en tant que variable d’ajustement. Selon la CGT du site
de Mulhouse, 800 (sur un millier) pourraient voir leur contrat non renouvelé d’ici la fin du mois de février prochain. Michel Segura parle plutôt de 500 compte tenu de l’obligation pour le site
de conserver un volant d’intérimaires suffisamment solide pour assurer le lancement d’un nouveau modèle d’ici quelques mois.