2009
LES VACHES MAIGRES DE SARKOZY
ET
PEGGY LA COCHONNE A LA SANTE
Maintenir Metz à quatre points, voire repousser les Grenat à sept longueurs, si ça voulait bien rigoler : hier à Saint-Symphorien, les hommes de Jean-Marc Furlan nourrissaient cet objectif un peu fou. Rasséréné par son large succès obtenu vendredi dernier contre Tours (4-0), le Racing pensait pouvoir imposer ses idées - la technique, le jeu rapide, l'allant offensif, etc. - à une équipe jugée « athlétique » par le coach strasbourgeois, mais surtout placée dos au mur.
« On ne pouvait paslaisser filer Strasbourgà sept points »
« On n'a pas le choix », disait cette semaine Yvon Pouliquen, qui cherche à insuffler sa gnac, celle qu'il avait apportée au Racing en tant que joueur et capitaine emblématique,
à une équipe en quête de confiance. Hier soir, ses hommes, déjà tombeurs de Lyon (1-3) mardi dernier en coupe de la Ligue, ont mis plus de coeur à l'ouvrage que le deuxième de la
Ligue 2.
« On a montré beaucoup d'engagement, savoure le Breton. C'était un match débridé qui ne tenait pas à grand-chose. Mais on ne pouvait pas laisser filer Strasbourg à sept points. Cette
victoire conclut de belle manière notre belle semaine. »
S'il n'a pas perdu son rang, le Racing voit en revanche revenir son adversaire du soir sur ses talons, à un petit point seulement. En outre, les Strasbourgeois ont perdu trois hommes dans
la bataille : Marcos, touché au genou, Paisley, sorti en boitillant, et James Fanchone, expulsé en fin de rencontre sur un tacle irréfléchi. L'addition est lourde, en la circonstance, même
si les blessures paraissent assez bénignes.
Mais si les Bleus avaient voulu arriver à bon port, encore aurait-il fallu répondre avec un poil de conviction supplémentaire sur le terrain de jeu favori des Messins, celui de la
combativité. La partie s'est emballée au moment où Cheikh Gueye est venu tacler le ballon dans les pieds de Marcos, le long de la ligne de touche, en milieu de terrain.
Dans un gouffre d'approximations et de mauvais choix
Si le Brésilien reste au sol sur ce geste sans méchanceté, le jeu se poursuit. Pascal Johansen, plutôt discret jusque-là, lance Mendy. A la conclusion, Renouard expédie une volée dans le
but de Cassard. Cette ouverture du score aurait pu désarçonner les Bleus. Ils parviennent au contraire à se remettre dans le sens de la marche grâce à l'opportunisme de Rudy Carlier.
Las, l'égalisation rapide ne produit pas l'effet escompté. Une minute plus tard, Cardy s'en va battre d'une frappe sèche un Cassard mal inspiré. Les Strasbourgeois sombrent alors dans un
gouffre d'approximations et de mauvais choix. La défense est terriblement fébrile, les attaquants s'emmêlent les pinceaux.
Quand Cissé inscrit le troisième but messin (56e'), à la suite d'une perte de balle de James Fanchone, l'affaire est mal engagée. « C'est le tournant de la soirée, assure Jean-Marc
Furlan. J'avais demandé aux joueurs d'être patients, et on concède ce but trop rapidement. Les gars n'ont pas su garder leur sang froid. »
Le premier doublé de
Carlier n'aura pas suffi
Paradoxalement, alors que tout semblait perdu, le Racing retrouve d'un coup d'un seul un second souffle. La lourde frappe de Jean-Alain Fanchone, difficilement repoussée par Sissoko,
permet à Rudy Carlier de signer son premier doublé sous le maillot alsacien. Il reste alors plus de vingt minutes pour redresser les torts qui ont plombé leur début de soirée.
Un vent de folie s'empare alors de St-Symphorien. Fatalement, la fin de rencontre devient complètement décousue. Oumar Sissoko, sorti de son but pour placer un vilain tacle sur Ali
Mathlouthi, ne voit que la couleur jaune du carton. Dans la foulée, et à l'autre bout du terrain, James Fanchone est expulsé après s'être jeté de manière inconsidérée dans les pieds de
Renouard.
« On se retrouve endindon de la farce »
A dix contre onze à l'entame des dix dernières minutes, la mission devient impossible. « Les joueurs ont voulu tout donner et au final, on se retrouve en dindon de la farce, conclut Furlan. Je suis déçu, surtout pour notre public qui croyait en l'exploit. » Hier soir, Strasbourg a grillé son joker. Comme d'habitude, le piège mosellan s'est refermé sur les ambitions bleues.