Partager l'article ! Le Reichsland, terre d'Empire: Le Reichsland, terre d'Empire Quand la guerre éclate en août 1914, l'Alsace est allemande. Depuis quar ...
Forêt de Haguenau
Le Doc de Haguenau vous souhaite la bienvenue,
régalez vous, bloguez avec humour, surfez et buzzez dans la rubrique Catégories,
vous y trouverez des infos en tout genre à la sauce humour.
Cliquez sur " Retour à l'accueil " pour découvrir le blog ou la homepage.
Après la guerre de 1870, le traité de Francfort (1871) a validé l'annexion de l'Alsace-Lorraine par le IIe Reich allemand. La protestation des députés d'Alsace et
de Lorraine à Bordeaux (*) n'y a rien fait : sollicitée par Thiers, l'Assemblée nationale devait donner son accord à ce processus que lui impose le vainqueur.
« Strasbourg en croix, Metz au cachot », avait déploré Victor Hugo dans L'année terrible (1871). Cette annexion, par beaucoup, a été vécue comme un arrachement. En France, le
souvenir des « provinces perdues » restera vif, thème de campagne, symbole patrotique, source d'inspiration artistique. Mais la revanche, jugent aujourd'hui les historiens, était
davantage dans les discours que dans les politiques.
Une prospérité qui
s'inscrit dans la pierre
Quarante-trois ans après, le Reichsland n'est plus l'Alsace-Lorraine de 1871. Les mesures d'exception ont été mises en veilleuse, comme les attitudes
strictement protestaires. La constitution de 1911, votée par le Reichstag, a donné de larges compétences aux pouvoirs locaux.
L'Alsace a changé : elle a gagné en population, malgré le départ des « optants » de 1871. Elle s'est urbanisée. La seconde révolution industrielle (électricité, gaz, réseau
ferroviaire et routier...) a transformé son économie, et installé une vraie prospérité (textile, activité portuaire, automobile). L'agriculture s'est en partie reconvertie et mécanisée, grâce
notamment au réseau bancaire mutualiste.
Cette prospérité s'inscrit dans la pierre. En ville, avec les cités ouvrières, les opérations d'urbanisme, les immeubles prestigieux et l'extension des faubourgs. Sur les Vosges aussi
avec le Haut-Koenigsbourg. Les lois sociales, l'assurance-maladie (1883), accident (1885), invalidité et vieillesse (1900), ont amélioré la condition ouvrière, en même temps que progressaient
les syndicats, socialistes ou chrétiens.
Pour autant (voir ci-dessous), les sentiments victimaires sont latents. L'affaire de Saverne en est un symbole en 1913 : un sous-lieutenant allemand traite de Wackes (voyous) ses
recrues alsaciennes. La polémique, nourrie par la presse, grimpe jusqu'au Reichstag et au Kaiser. L'armée n'est pas inquiétée. En revanche, les Alsaciens sont démis du gouvernement régional.
L'opinion s'indigne. On a pu écrire que ce sous-lieutenant mal embouché aurait mérité la Légion d'honneur pour service rendu... à la France en Alsace.