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Forêt de Haguenau
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Que cette Alsace est belle… L’actualité éditoriale offre deux superbes visions de la région : sous le pinceau de Charles Spindler et l’objectif de Robert Doisneau (ci-dessous). Images d’une Alsace « pas encore banalisée ».
Il y a les livres, les beaux livres et les très beaux livres. Celui-ci appartient à la dernière catégorie. Costumes et coutumes d’Alsace est une merveille, parce que l’édition est remarquablement soignée et qu’y éclate l’immense talent de Charles Spindler : cet homme avait un goût d’une sûreté absolue ; et tout ce qu’il faisait était purement alsacien.
« Un regard poétique »
Avec cet ouvrage, la jeune maison Éditions Place Stanislas (basée à la fois à Colmar et &agra ve; Nancy) poursuit la série qu’elle consacre à cet artiste à
cheval entre deux siècles (1865-1938). La marqueterie a fait sa postérité mais, souligne l’éditeur Michel de Paepe, « c’était un homme orchestre, capable d’intervenir dans tous les champs
de la création ».
De Paepe explore minutieusement toutes ces facettes. Avec Place Stanislas, il a mis en exergue le Spindler photographe (Une Alsace 1900, paru en 2007), puis l’écrivain (L’Alsace
pendant la guerre, journal tenu en 14-18, paru cette année) ; en 2009, ce sera le Spindler éditeur et chef de file du mouvement Art nouveau en Alsace, avec un ouvrage basé autour de la
Revue alsacienne illustrée ; et voici donc, maintenant, le Spindler aquarelliste, historien et ethnologue, le passionné de la culture populaire als acienne.
« Bible du folklore alsacien », selon l’historienne Barbara Gatineau, Costumes et coutumes est la réédition d’un ouvrage paru en 1902, en français et en allemand. Mais on est
loin du simple fac-similé. Quelque 200 documents, issus des archives de la famille Spindler, sont venus s’ajouter aux 60 aquarelles et à la cinquantaine de photos et de dessins de l’édition
originale.
Spindler signe les illustrations. Le texte est l’œuvre de son ami Anselme Laugel, « mais c’était un projet commun », précise Michel de Paepe. D’ailleurs, dans ce domaine, «
Spindler en savait plus que Laugel ».
Ensemble, les auteurs ont voulu, selon leurs propres mots, « faire parcourir au lecteur les villages d’Alsace » et « trouver la note pittoresque qui se manifeste de façons si
variées » dans la région.
Mais n’attendez pas à trouver un catalogue possédant la rigueur d’un dictionnaire. Les pays d’Alsace sont inégalement traités ; le Haut-Rhin est ainsi nettement moins présent que le Bas-Rhin.
C’est que les auteurs, précise Barbara Gatineau, ont porté un regard « non pas scientifique mais artistique, voire poétique, sur la vie rurale en Alsace ». Une Alsace « pas encore
banalisée », note Michel de Paepe. Et bigrement séduisante.