Vendredi 31 octobre 2008
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Fallait il commercialiser les médicaments génériques ?
Vu l'énorme trou de la sécurité sociale, des mesures économiques étaient nécessaires. Les médicaments coûtent cher, trop chers sans doute.
Mais qui décide du prix des boîtes en donnant l 'Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) permettant ainsi aux laboratoires pharmacologiques de commercialiser leurs produits ?
C'est le Ministère de la Santé.
C'est lui qui a décidé la vente moins chère, remboursée de copies molécules existantes (dits génériques) ayant une AMM, molécules tombées dans le domaine public, c 'est à dire
qui ne sont plus protégées par leur brevet.
L'idée était simple, trop simple pour faire des économies sur les remboursements par la CNAM
(caisse nationale d'assurance maladie = Sécurité sociale).
st simple en théorie ne l 'est pas toujours en pratique, car il faut toujours comparer ce
qui est comparable.
Le seul côté positif que je trouve aux génériques: ils sont moins chers, encore qu 'on trouve certains médicaments d 'origine, de princeps moins
chers de 5 à 10 cents par boîte !
Quels sont les arguments contre les génériques ?
- la pharmacocinétique des molécules n'est pas toujours identique : durée d'action, et temps d'élimination. Exemple: vous prenez un comprimé
contre l'hypertension artérielle HTA, il est censé agir 24 heures, donc couvrir le jour et la nuit: ben non ! Pour certains patients, on a dû rajouter un autre traitement car la tension
artérielle n'était plus équilibrée avec le générique ! Où est le bénéfice ?
- les patients d'un mois à l'autre, reçoivent un autre générique (autre couleur de boîte, car autre labo de même générique). Combien de patients se sont déjà trompés en
avalant deux fois le même médicament issus de deux boîtes différentes avec le nom identique ? avec les conséquences fâcheuses d 'un traitement trop fort: effet iatrogéne pouvant amener
à une hospitalisation. Exemple: une personne âgée prend un comprimé en trop contre l'HTA, sa tension artérielle chute, la personne chute elle même entraînant une fracture du col du
fémur ...
Naturellement, c'était la faute du médecin qui n'a pas dit qu 'il a rajouté un nouveau médicament à l'ordonnance habituelle. Le médecin traitant avant de prescrire un médicament supplémentaire
explique toujours pourquoi et à quel moment le prendre !
- une même molécule ne signifie pas même comprimé.
Il existe des allergies aux génériques qui n'existent pas avec la molécule d ' origine. Pourquoi ?
Les composants des comprimés peuvent être différents, voir ils sont souvents différents.
- l'effet placebo.
Imaginez les personnes âgées ou pas qui prennent depuis des années, des gélules rouges, tout à coup ces gelules sont blanches. Leur psychisme est perturbé,
il réagit vite, très vite: le lendemain soit les patients appellent leur médecin pour râler, soit ils reconsultent pour avoir leur médicament habituel .
- certains génériques sont inefficaces.
Combien de patients épileptiques ont refaits des convulsions sous traitement générique, alors qu'ils
n'avaient plus fait de crises depuis des années avec leur ancienne thérapeutique.
- Où fabrique on le moins cher ?
Naturellement la plupart des usines de génériques sont délocalisées, cela signifie des pertes d 'emploi, donc des pertes de cotisations sociales pour la sécurité sociale, donc déficit.
On pourrait continuer longtemps à disgracier les génériques. Le but de notre CNAM est de rembourser les soins des assurés, il faut certes chasser les abus.
Arrêtons de soigner la santé comptable de la Sécurité Sociale et des Banques, soignons les malades. A force de faire attention aux dépenses, les médecins vont arrêter de faire de la
prévention lors des examens complémentaires, car ceux ci coûtent chers. Si la médecine était tellement facile, on prescrirait par exemple une IRM gagnante à tous les coups !
Le déficit de la CNAM est minime par rapport aux 375 milliards ou plus d ' Euros données aux banques et Assurances.
Mais la santé n'est pas ce qu'il y a de plus important.
Le Ministère de la Santé ne pouvait il pas de son autorité décider tout simplement de baisser le prix des médicaments existants de 30 à 40% ? au grand dam des laboratoires pharmaceutiques,
qui depuis l 'arrivée massive des génériques ont de toute façon rogné leur bénéfice, en baissant d ' eux même les prix de 30 à 40 % de leurs molécules vendues.
Article à but non politique, la gauche n'avait pas fait mieux .
Un médecin qui commence à être démotivé par la pression continuelle qu'on exerce sur la médecine générale.
Par Doc Dorffer Patrick
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Publié dans : Le coq enchainé: Délire d' un Français
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