Lyon s'est qualifié pour la première fois de son histoire pour les demi-finales de la Ligue des champions.

Victorieux 3-1 à l'aller, les Lyonnais se sont inclinés à Bordeaux (1-0), mais ont su faire valoir leur expérience pour préserver leur avantage, au terme d'un duel franco-français tactique et très engagé. Les deux équipes n'ont rien lâché et ont offert un match de haut niveau enlevé par un OL qui réussit son pari d'atteindre le dernier carré.

Attention tension

Dans un stade Chaban-Delmas sous tension, les Lyonnais prenaient le parti de maîtriser le jeu, pour faire reculer des Bordelais longtemps fébriles. Claude Puel avait, de son côté, choisi de bétonner son milieu de terrain pour tenter de garder le ballon. L'OL s'offrait un coup-franc de 35 m, sur lequel Bastos allumait un pétard qui n'était pas cadré.
Les Bordelais avaient du mal à sortir, même si Gourcuff  tentait d'amener le plus vite possible le ballon devant. Mais les joueurs de l'OL, appliqués et plus percutants dans les duels, récupéraient l'essentiel des ballons.
Un coup-franc de Wendel, repris de la tête par Gourcuff expédiant in extremis le ballon au-dessus, après une parade de Lloris, redonnait un peu de baume aux coeur des hommes de Laurent Blanc qui commençaient à sortir. Quelques minutes plus tard, c'était au tour de Tremoulinas de porter le danger sur le but lyonnais, sa reprise se heurtant à Boumsong, sur lequel planait un souçon de main. Après un gros quart d'heure où ils s'étaient montrés plutôt attentistes, les Bordelais prenaient à leur tour l'ascendant offensif, alors que le match montait d'un cran. Lyon tenait bien en défense, dans cette partie engagée et putôt enlevée, grâce en partie à l'arbitrage de l'Espagnol Mallenco, enclin à laisser le jeu se dérouler.

La tension pourtant était palpable, à l'image d'un accrochage entre Wendel eet Cissokho qui valait un carton jaune au défenseur des Girondins.  
Les Lyonnais malgré tout parvenaient à s'offrir des contres et porter à leur tour la menace sur les buts de Carrasso en profitant de tous les espaces.

Les efforts bordelais récompensés
Aucune occasion de part et d'autre ne marquait vraiment les esprits et l'on s'apprêtait à rentrer sur ce score favorable à l'OL. Ce fut alors que Bordeaux fit enfin sauter le verrou lyonnais.Ce fut d'abord un premier avertissement, avec Allou Diarra bénéficiant d'une remise de Chamakh, qui expédia une frappe puissante sur la transversale de Lloris. Quasiment dans l'action suivante, les Bordelais survoltés remontèrent une ballon sur le flanc gauche. Jussiê parvenait à donner à l'intérieur à Trémoulinas qui adressait un centre au cordeau sur lequel se jetait Marouane Chamakh qui trompait le portier lyonnais. (1-0, 49e). Les Girondins venaient de faire alors la moitié du chemin.

Au retour des vestiaires, Les Lyonnais faisaient passer une frayeur dans Chaban-Delmas, après qu'un ballon fusât devant les buts de Carrasso. Les hommes de Blanc laissaient passer ce court orage puis repartaient de l'avant, n'ayant d'autre alternative que d'aller chercher un deuxième but pour se qualifiier. Techniquement, les deux équipes proposaient un football alléchant, dans une rencontre de haute intensité, faite d'engagement et de fureur. Difficile dans ce contexte accroché où l'on se disputait âprement les ballons, il devenait de plus en plus difficile de construire des actions dangereuses, si ce n'était sur des relances rapides, ou sur des contres rondement menés. 

Lyon gère, Lloris en sauveur
Mais en défense, les Bordelais, avec le métronome Planus, de retour après un mois d'absence, résistaient aux assauts lyonnais, tout en connaissant quelques difficultés à entrer dans le camp adverse, bloqués le plus souvent par le milieu de l'OL qui serrait son marquage. Quelques éclairs de Gourcuff permettaient toutefois aux Girondins de garder l'espoir, dans une partie entre deux équipes qui se connaissent bien, et qui s'opposaient deux organisations très combatives, s'apuuyant sur un maillage efficace.  
L'ambiance montait encore d'un cran, après les différents accrocs, lorsque sur un long ballon bordelais, Cris bousculait Chamakh dans la surface de réparation, mais l'arbitre espagnol estimait le geste régulier. (72e) le dernier quart d'heure ne perdait pas en intensité, bien au contraire, dans une véritable partie d'échec. Les Lyonnais devenaient de plus en plus fébriles, sous la menace de Girondins agressifs dans le jeu, regrettant sans doute de n'avoir pas cadré un tir, ni saisi une occasion. Ils usaient même parfois d'expédients, pour stopper les accélérations bordelaises. Ces fautes à répétition donnaient des possibilités de coups francs pour les champions de France, qui semblaient avoir assez de jus pour imposer du rythme, alors que les Lyonnais reculaient de plus en plus. 
Une énorme rumeur passait encore dans le stade lorsque Wendel décochait une tête superbe parfaitement cadrée, sur laquelle Hugo Lloris sortait une parade d'exception (86e). Déjà décisif sur une volée de Chamakh à l'aller, le gardien lyonnais endossait une nouvelle fois son costume de sauveur. La dernière chance bordelaise était passée.
Forts de leur expérience européenne, les hommes de Claude Puel, qui ont beaucoup pliés, se sont arcboutés, ont souvent subi dans ce match une épreuve physique et technique, face à des Bordelais déterminés,  restaient sur leur schéma défensif en laissant filer les secondes. Bordeaux en restait là et voyait s'envoler son rêve de demi-finale de Ligue des Champions. Un rêve enfin atteint par des Lyonnais qui, s'ils n'ont pas toujours été dominateurs, loin s'en faut, ont su se montrer défensivement et tactiquement réalistes. 


 

Déclarations

Claude Puel (entraîneur de Lyon): "La qualification est importante pour le club, c'est super, bravo aux  joueurs, c'était un match qui n'était pas évident. On a mieux géré la deuxième mi-temps. Les Bordelais ont baissé un peu le rythme, mais ça a été tangent. Hugo Lloris a été déterminant, c'est un gardien avec qui on peut voyager, on peut aller à la Coupe du monde".
    
Laurent Blanc entraîneur de Bordeaux):
"Si on a des regrets, c'est plutôt à l'aller qu'au retour. Au retour on a fait ce qu'il  fallait faire. Encore une fois le gardien lyonnais a démontré toutes ses qualités. Les regrets c'est le manque d'expérience qui nous a fait faire des erreurs défensives au match aller et qui nous a coûté au moins deux buts, et je pense que si on avait pas eu deux buts à remonter mais un seul, on pouvait passer. On y a cru jusqu'à la dernière seconde, je suis fier de mes joueurs, ils ont réalisé un parcours en Ligue des Champions au-delà de nos espérances, il  faudra s'en souvenir car pour refaire la même chose, ce sera difficile. Bravo à  Lyon et bonne continuation pour Lyon".
    
Hugo Lloris (gardien de Lyon): "Déjà on va bien savourer  parce que c'est un beau parcours, ça a été difficile. Il faut aussi féliciter  les Girondins qui y ont cru jusqu'au bout. Nous, on s'est battu jusqu'à la fin  du match même si je pense que les Girondins étaient meilleurs ce soir, mais on a  obtenu notre qualification grâce à notre match aller et à ces trois buts. On a  le temps de penser aux demi-finales qui s'annoncent aussi dures".

07/04/2010 sport.france3.fr

06/04   Cska Moscou 0-1 Inter Milan
 
06/04   FC Barcelone 4-1 Arsenal
 
07/04   Bordeaux 1-0 Lyon
 
07/04   Manchester U 3-2 Bayern Munich