La cathédrale de Strasbourg : de plus en plus visitée. Un touriste sur quatre vient en décembre.
Deuxième cathédrale la plus visitée de France après Notre-Dame de Paris, la cathédrale de Strasbourg vient d’être dotée d’un parcours de visite pour canaliser le flot de
visiteurs.
« Nous estimons le nombre de visiteurs de notre cathédrale à plus d’un million de personnes pour le seul mois de décembre », affirme
Patrick Fuchs, intendant de la cathédrale. Celle-ci accueille entre 3,5 millions et 4 millions de visiteurs par an. Un nombre en très forte croissance depuis
l’arrivée du TGV-Est en 2007. « Le TGV nous a amené 20 % de visiteurs supplémentaires », poursuit-il.
Cette foule menaçait de rendre la visite du lieu chaotique : les visiteurs se croisaient dans tous les sens, des engorgements fréquents se formaient aux portes, entre touristes souhaitant
entrer et ceux cherchant à quitter l’édifice.
Pour maintenir la dignité du lieu, les responsables ont tout d’abord eu une idée de bon sens. Désormais, l’une des deux portes de la façade est réservée à l’entrée et la seconde… à la
sortie
Poteaux de guidage et bénévoles
De plus, un circuit de visite a été mis en place. Des panneaux multilingues incitent à autant d’étapes pour découvrir tous les trésors du lieu. « C’est une invitation à découvrir
toutes les richesses de notre cathédrale alors que le visiteur a généralement tendance à se précipiter vers le pilier des anges, l’horloge astronomique ou la chaire en passant à côté d’autres
éléments remarquables », explique Patrick Fuchs.
Ainsi, le visiteur est invité à découvrir l’orgue, la chapelle Saint-Laurent, le baptistère du XVe siècle ou la chapelle Sainte-Catherine.
Le parcours en sens unique fluidifie la circulation et apaise l’ambiance. « Nous cherchions également à faire baisser le niveau sonore pour préserver les possibilités de recueillement.
»
Pour y parvenir, un circuit de visite balisé par des poteaux de guidage (tensaguides) a été aménagé et des bénévoles sont venus prêter main forte. Lors d’une messe dominicale, l’archiprêtre a
fait appel aux bonnes volontés des paroissiens. Une trentaine se sont portés candidats. Après une courte formation, ils sont désormais présents pour accueillir mais aussi faire respecter les
règles de comportement dans un lieu saint. Cela commence par le retrait du chapeau pour les messieurs mais aussi l’interdiction des animaux. « Un couple avec une poussette et un chien a
préféré sortir l’enfant de la poussette pour y mettre son chien et pouvoir visiter », raconte une bénévole qui évoque également les visiteurs furtifs venant se soulager derrière un pilier
faute de savoir où trouver des toilettes publiques.
Vin chaud et bonnets de Noël
Le marché de Noël n’arrange rien. Les visiteurs, en famille ou en groupe, n’hésitent pas à entrer bonnet de Noël clignotant sur la tête, gobelet de vin chaud à la main et gaufre aux
lèvres. Les bénévoles sont là pour leur rappeler, discrètement, le statut religieux du lieu que beaucoup finissent par oublier pour ne plus y voir qu’un monument historique, ou une attraction
touristique comme un autre.
Le plus souvent, l’intervention des bénévoles suffit mais parfois, certaines fortes têtes s’entêtent. Les bénévoles n’insistent pas. Si le cas le nécessite, ils peuvent faire appel aux
surveillants officiels de la cathédrale. En moyenne, un incident est enregistré chaque jour, ce qui est minime comparé au nombre de visiteurs.